| Contribution-Tentative d’analyse de l’histoire de l’offrande de la mort |
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Au sens de Lacan, il existe trois catégories de représentation : le réel, le symbolique et l’imaginaire. Le réel traduit ce qui existe et qui peut être observable tandis que l’imaginaire est la traduction de ce qui n’existe que dans nos pensées. Le symbolique quand à lui exprime de façon parabolique une réalité aussi immatérielle que les sentiments inconscients, les réalités sociales. Le rêve pour une large part est une façon symbolique de traduire des souhaits enfouis au tréfonds de nous-mêmes ; que nous n’osons même pas nous avouer. Le discours du névrosé, de l’animiste, de l’humoriste est essentiellement de type imaginaire. Le scientifique se sert du réel pour s’énoncer tandis que le symbolique est l’option préférée des religieux, de la mythologie….comme pour mieux tromper la vigilance de l’esprit critique de leur auditoire afin de mieux leur faire admettre les enseignements. Il s’agit d’un discours déguisé. Le rêve ainsi que le lapsus font usage du même principe de déguisement afin de ne pas subir le veto des résistances psychiques qui voudraient que tout ce qui a été refoulé sous la pression sociale s’y maintienne jusqu'à la fin des temps. Ainsi le rêve attend le sommeil (perte de vigilance partielle de la conscience) pour se déguiser (en utilisant des symboles) et apparaitre. Originaire des méandres de ce que nous avons de plus privé, son interprétation nous permet d’explorer le fond de notre psychisme. Il nous apparait comme totalement insensé et impossible. Seulement depuis Freud, nous savons que son étude fournit des informations très précises et précieuses sur l’individu. Son interprétation ne se fait pas en se cantonnant uniquement sur le discours livré. Il est nécessaire de la faire parallèlement à la vie de l’individu qui l’a exprimée. De la même façon, les récits populaires peuvent être compris en les analysant tout en tenant compte du contexte dans lequel ils ont vu le jour. Etre apte à démystifier une représentation à première vue aberrante permet de diversifier ses sources d’informations. Pour Freud, la formation d’un psychanalyste atteint son apogée dés que l’analysant est en mesure d’interpréter de façon satisfaisante des rêves. Le mécanisme de base est la libre association. Exemples de quelques rêves et de leurs interprétations « Un jour que j’avais beaucoup de cheveux, je me suis mis à rêver d’un ami qui était parti au Sénégal dans la réalité et qui, dans le rêve, jouait au football. IL traversait le terrain en courant, le ballon au pied….Cet ami me coiffait d’habitude. Interprétation : Ce rêve traduit mon souhait de me faire coiffer : le ballon symbolise la tondeuse, son pied : le bras ; le terrain : ma tète tandis que le fait de courir le long du terrain traduit l’acte de coiffer. Autre rêve : « Une fille Sénégalaise adulte s’interrogea sur la bizarrerie de son rêve dans lequel elle avait vu leur jardinier durant son enfance devenir aveugle. Elle ajouta qu’il est impossible qu’elle ait pu lui souhaiter pareille chose car elle l’aimait comme un père et était très proche de lui. » Données concernant la fille ; Elle voulait se marier avec un blanc et son père, assez distant et conservateur, n’y était pas favorable.. Interprétation : Elle aurait aimé être tres proche de son père comme elle l’a été avec leur jardinier. Donc il y’a un déplacement du père sur le jardinier et le fait d’être aveugle signifie son souhait que son père ferme les yeux (ne dise rien) sur sa décision de se marier … La mythologie grecque est pleine de récits paraboliques pour exprimer des réalités de la vie humaine. Freud nous a déjà donnés la quintessence de l’histoire d’Œdipe. Pour ma part, je pense que l’histoire de Narcisse qui, ayant découvert la belle image que lui renvoyait l’eau limpide avait décidé de tourner le dos aux humains jusqu'à la fin de sa vie ne fait que traduire la nécessité d’aller vers ceux qui nous aiment et nous renvoient une belle image de nous-mêmes parce qu’ayant de l’estime et de la considération à notre égard… Qu’en est-il de l’histoire du fil d’Ariane qui permit d’explorer le labyrinthe ? Il s’agit du dialogue permanent devant exister en théorie et pratique. Que dire de Baudelaire lorsqu’il écrit : « ne soyons pas comme l’albatros, cet oiseau maitre des airs mais qui une fois sur terre trouve du mal à reprendre son envol. » Il s’agit, à mon humble avis, d’un appel au dialogue constant entre théorie (maitres des aires) et pratique (sur terre). Qu’en est il de notre histoire d’homme en 4x4, donnant de l’aumône et de la viande et provocant la mort ? Permettez de vous poser une question.... Quelle est la personne au Sénégal qui a fait venir des voitures (proches des 4x4), qui distribue de l'argent à tour de bras (donner 10 000f CFA) dont la tète n'est que de la viande (parce que sans cheveux) et dont on souhaite son départ (sa mort)? Ces récits ne sont pas à prendre à la lettre. Il faut les interpréter pour extirper le sens caché. Il s'agit d'une façon parabolique d'exprimer le vœu partagé par prés tous de voir Abdoulaye Wade (l'homme qui a fait venir des 8x8, qui donne de l'argent à tout bout de champ, que symbolise la viande car étant sans cheveux) pas forcément mourir mais disparaitre de notre vie. Ce n'est que cela En cote d’ivoire, il a été créé une danse nommée « couper-décaler ». Cette danse dans laquelle les individus utilisent leurs mains comme une arme blanche a émergé dans un contexte de guerre civile où beaucoup de personnes ont été décapitées à la machette. Ainsi, refaisant les mêmes gestes mais cette fois dans le ludique, le peuple ivoirien fait sa thérapie. En répétant de façon symbolique les gestes odieux de jadis c’est comme si ce qui a été fait a été pardonné. Un autre exemple est le peuple belge. Dans leurs colonies africaines, il avait été imposé un quota journalier de récolte d’hévéa de la part de chaque autochtone majeur. En cas de défaillance, une main était littéralement coupée. En Belgique, pour faire partager le crime à tout le peuple belge et donc ne plus en faire un crime, des chocolats sous forme de mains coupées étaient à la vente. Leur achat était une forme de validation populaire de cette pratique, une dépénalisation… Au sein d’un peuple, il n’est pas possible que tout le monde invente la même chose en même temps. Seulement, vivant dans un contexte identique et étant confronté aux mêmes problèmes, il peut arriver qu’une invention individuelle tellement complète trouve un écho sans précédent chez les autres qui probablement l’ont exprimée autrement. Il s’agit d’une adhésion populaire et c’est ce qui fait défaut au monument de la Renaissance. Hervé |
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Au sens de Lacan, il existe trois catégories de représentation : le réel, le symbolique et l’imaginaire. Le réel traduit ce qui existe et qui peut être observable tandis que l’imaginaire est la traduction de ce qui n’existe que dans nos pensées. Le symbolique quand à lui exprime de façon parabolique une réalité aussi immatérielle que les sentiments inconscients, les réalités sociales. Le rêve pour une large part est une façon symbolique de traduire des souhaits enfouis au tréfonds de nous-mêmes ; que nous n’osons même pas nous avouer.