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| (Contribution) Le Sénégal cinquante ans d’indépendance et demain ? |
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Nous allons dans quelques jours entamer la célébration des cinquante ans de notre accession à l’indépendance. Des festivités étalées sur des mois avec un milliard cinq cent millions pour bien aussi inaugurer le monument de la renaissance africaine. L’occasion certainement pour le Chef de l’Etat de faire des bilans à mi-parcours et de dégager des perspectives. Le Premier Ministre parle : « d’un moment d’introspection et de prospective… ». Et si on faisait un bilan depuis 1960 ? Les pères de la Nation ont fondé une République. Mais apparemment les fondements pour un développement économique durable ne sont pas aussi solides. Sinon comment comprendre le statu quo sur bien des domaines économiques cinquante ans après ? Est-ce que notre société dans sa constitution intrinsèque n’a pas de valeurs qui peuvent être le fondement d’un développement économique ? Pourtant si, un Peuple, un But, une Foi ! Quelques soient les soubresauts nous sommes une Nation, une société multiculturelle, une société de paix, de tolérance… Nous pouvons transcender les clivages au nom de l’intérêt général. Alors qu’est-ce qui ne va pas ? Les experts vous diront les choix économiques. Non, c’est juste l’absence d’adéquation entre les discours et les pratiques et surtout l’absence d’une culture du travail, du civisme, du patriotisme. La faute hier comme aujourd’hui incombe aux politiques. Dans son discours de fin d’année, le Président de la République lançait un appel pour un engagement de plus pour le travail. Qu’en est-il de l’éducation par l’exemple ? En tout cas pour la célébration de ces cinquante ans, le Premier Ministre dit qu’il s’agit : « d’ exhorter toutes les couches sociales et toutes les catégories socioprofessionnelles à la culture du travail… ». Malheureusement jusqu’ici c’est l’engagement pour certains, pour des familles, pour des partisans. Le discours pour la Nation, les bénéfices pour une petite minorité. A ce rythme cent ans après ce sera le statu quo ou pire. L’ancien Président du Conseil dont la commémoration du premier anniversaire de sa disparition a eu lieu le 25 janvier dernier nous donne la clé du succès : « foi et action sont indissociables, l’action sans foi ne peut rien donner, la foi sans l’action ne peut aller loin ». J’ai la chance par mon travail de faire ces trois dernières années beaucoup de coins et recoins du Sénégal, de rencontrer durant plusieurs jours quelques cinq cents enfants et jeunes par an. J’ai l’espoir qu’on peut compter sur cette prochaine génération mais j’ai compris combien aussi les discours et actes de nos dirigeants peuvent impacter négativement sur cette jeunesse. « Dis moi quelle jeunesse tu as, je te dirai quel pays tu seras ? ». Une génération a fait et continue de faire de ce pays ce qu’il est mais elle semble oublier celle de demain. Une génération exigeante, parfois inconsciente et violente. Si tout cela se conjugue avec sous-développement et injustice sociale, c’est une bombe à retardement. Nous avons de la matière première, les ressources humaines, une société de valeurs. Il revient juste aux dirigeants de ce pays de travailler pour le Sénégal et les sénégalais. Rien de plus et quelque soit l’appartenance politique ! Les hommes politiques sénégalais sont d’accord sur une seule chose : ils ne sont jamais d’accord. Ce pays ne mérite pas ce destin, les sénégalais peuvent avoir mieux. Rappelons à nos dirigeants leurs responsabilités, comme l’a fait un philosophe africain : « il n’y a pas de destin forclos, il n’y a que des responsabilités désertées ». Soyez plus sérieux !
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En matière de développement, nous avons l’habitude d’entendre des experts l’exemple du Japon. Dans les années 1960 ce pays était dans le sous-développement comme nos pays en Afrique. Aujourd’hui le Japon est l’un des pays les plus développés au monde. Quelques éléments sont à la base de ce bond extraordinaire le temps d’une génération : le travail, la discipline, la conscience de la domination de l’intérêt général sur l’intérêt personnel… Bien des choses qu’il nous faut aujourd’hui pour faire les mêmes bonds après cinquante ans d’indépendance.